Deux mécanismes de gestions du stress

La stratégie adoptée ou le comportement de substitution manifesté par un chien stressé peut prendre deux formes :

Mécanisme négatif de gestion du stress.
Les symptômes sont assez faciles à reconnaître. Ainsi ils peuvent se présenter sous la forme de pupilles dilatées,

oreilles rabattues en arrière, halètement ou salivation, transpiration par les coussinets plantaires, mictions, et même chute accrue des poils. Selon la sévérité, un ou plusieurs de ces symptômes seront présents.
Si le propriétaire ne sait pas reconnaître que le chien est stressé, même si les symptômes sont évidents, il a l'impression que, tout simplement, le chien n'aime pas ce qu'il lui fait faire mais qu'il faudra bien qu'il s'y habitue.

Ceci est particulièrement vrai dans l'environnement d'un club d'éducation. Il est essentiel que les éducateurs des clubs puissent reconnaître les symptômes négatifs du stress et indiquent aux propriétaires de retirer leur chien de l'environnement immédiat du club et de le distraire rapidement par une activité agréable.

Mécanisme positif de gestion du stress.
La manière que les chiens utilisent pour gérer positivement leur stress peut facilement faire croire qu'ils sont « désobéissants ». La seule façon de différencier ces deux attitudes est de bien connaître le chien et de l'observer sur un laps de temps assez long. Un chien « désobéissant » ou peu dressé a tendance à agir de la même façon tout le temps. Un chien qui devient stressé fait des efforts inhabituels pour comprendre ce qui ne va pas autour de lui puis brusquement se comporte comme un chiot hyperactif. Il tourne en rond, lève son arrière train en l'air singeant ainsi une attitude typique de jeu et plus vous voulez le contrôler plus il fait l'idiot. Si vous arrivez à l'attraper il est quasiment impossible alors de capter son attention. Pire encore, certains chiens manifestent un comportement positif de gestion du stress en aboyant et en sautant. Vous pouvez ainsi vous rendre compte combien il est facile de provoquer encore plus de stress chez ces chiens là. (Il est évident qu'il ne s'agit pas d'une expérience positive. Ici le terme « positif » ne dénote pas quelque chose de bon ! )

Dans le cadre d'un club d'éducation ou d'une classe pour chiens, il arrive que certain propriétaires quittent le cours ou soient invitées à le faire car leur chien n'apprend rien ou perturbe le « bon fonctionnement » du cours. La plupart d'entre elles pourraient témoigner qu'elles en ont été perturbées elles-mêmes car leur chien « ne se comporte pas comme cela habituellement. » Et la plupart d'entre elles aussi pourraient avouer que ce qui était un problème insignifiant au départ et qui leur avait fait s'inscrire dans ce club était devenu maintenant un problème majeur. En réalité c'est la situation stressante qui avait préparé le terrain et le comportement du chien s'était modifié pour la gérer.

La plupart des familles qui possèdent des chiens ont pu être témoin de ce type de comportement d'adaptation au stress sans le reconnaître pour ce qu'il est. Les commentaires habituels que l'on entend alors sont que le chien n'a pas aimé ce qu'on lui fait faire et qu'il s'est caché dans un coin ou alors que le chien est devenu très drôle en essayant de s'insérer entre les jambes de ses maîtres ou en leur sautant dans le dos ou en aboyant comme un chiot !

Le chien qui rampe ou recule essaie de s'adapter au stress d'une manière « négative ».
L'autre, celui qui s'excite le fait d'une manière « positive »

En conclusion : nous ne pouvons pas lutter efficacement contre le stress tant que nous ne l'avons pas reconnu et que nous n'avons pas pu éviter au chien de s'y confronter.

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