Les effets du stress

Presque chacun d'entre nous est quotidiennement confronté au stress...

Sa répercussion sur notre santé ou sur notre comportement peut être plus ou moins grave et dépend de la durée d'exposition, de son importance et de la tolérance particulière de la personne qui y est soumise.

Certains médecins nous disent que le stress est responsable de près de 70% des cas de consultation. Dans certaines clientèles et tout spécialement en milieu urbanisé ce taux peut atteindre des valeurs de 80% à 85%. L'exposition prolongée au stress peut jouer un rôle déclenchant voire être responsable de certaines maladies mortelles. Il est également en étroite relation avec un certain nombre de maladies émotionnelles comme la dépression, l'anxiété, l'hypertension chronique et d'autres maladies mentales sévères.

Le stress a une influence négative sur le système immunitaire, laissant la porte ouverte à différentes formes d'infections, la récupération par le corps après des événements liés au stress étant généralement longue.

Les chiens sont soumis aux mêmes processus.

Tout comme les personnes les chiens sont sujets au stress et à n'importe quel âge. Plus ils y sont exposés et plus les problèmes qui en résultent peuvent être importants. Ne pas reconnaître ou mal reconnaître les signes comportementaux liés au stress chez le chien entraîne invariablement un maintien de l'état stressé voire une augmentation de cet état.

Attention, il faut faire une distinction entre anxiété et stress. Chez les chiens les problèmes d'anxiété peuvent être corrigés et tout particulièrement les anxiétés de séparation ; en restructurant la manière dont nous vivons avec les chiens nous pouvons leur apprendre à accepter la séparation dans la plupart des cas (voir les Echos n° 9).

Cependant, un chien stressé est beaucoup plus susceptible de développer des problèmes anxieux. Il sera alors difficile de traiter l'anxiété sans supprimer la cause initiale du stress. Pour y arriver, nous devons pouvoir reconnaître les symptômes et les circonstances qui l'accompagnent.

Les quatre F

Tous les animaux (et nous en faisons partie) utilisent des stratégies d'adaptation face à une menace réelle ou à ce qui peut être perçu comme une menace. On peut les désigner sous le nom des 4 F !

Face à une situation stressante, les animaux  utilisent globalement 4 stratégies. Ils peuvent FUIR, utiliser la FORCE, se FIGER et, il existe une quatrième stratégie qui est la FLATTERIE ou le FLIRT (mot pris dans un sens particulier qui est la tentative d'amadouer en se rapprochant de la menace). Les animaux utilisent une ou plusieurs de ces réponses pour s'adapter à une situation qui leur apparaît comme stressante, menaçante ou directement perturbante.

Le choix de la réponse dépendra de plusieurs facteurs :

De comportement spécifique de l'espèce (par exemple les chats ont plus tendance à fuir que les chiens)

De caractéristiques liées à la race (les terriers choisissent plus facilement le combat que les chiens de chasse)

D'un potentiel génétique (les comportements en relation avec la peur se retrouvent facilement dans les mêmes familles)

D'expériences passées et d'apprentissages (ce qui a marché au préalable a de fortes chances de se répéter)

Des circonstances (vous ne pouvez pas fuir si vous êtes tenu au sol ou en laisse)

1-La Fuite

Face à la menace la réponse la plus habituelle pour un animal est la fuite. Elle peut prendre différents aspects tel que le déplacement rapide en direction opposée à la menace, ou s'en écarter plus lentement en l'esquivant ou en rampant pour ne pas provoquer une autre confrontation. Le but de tels comportements est bien sûr d'augmenter la distance qui sépare le sujet de ce qu'il perçoit comme une menace. Le langage corporel qui accompagne la fuite reflète souvent l'intention de l'animal : il peut se rapetisser et s'accroupir instantanément, ramenant son corps plus près du sol.

 Le système adrénergique se déclenche brutalement et le sang afflue dans les membres afin de préparer la course. Il va fuir jusqu'à ce que la distance soit jugée suffisamment importante pour qu'il estime qu'il est en sécurité. Si l'animal ne peut pas s'échapper assez loin, il peut alors se cacher.

2 - Se figer, s'immobiliser

C'est la stratégie à laquelle on pense le moins et qui, curieusement, est la plus utilisée !

D'un point de vue purement évolutionniste, sachant que l'animal qui chasse repère essentiellement ses proies grâce au mouvement, rester absolument calme et sans bouger peut vous dissimuler aux yeux d'un prédateur éventuel ou lui faire croire que vous êtes mort ! (Certains animaux et là encore nous en faisons partie, peuvent tomber en syncope devant un très grand danger) Devant une menace la plupart des chiens (et des gens !) commencent par s'immobiliser, ne serait-ce qu'un quart de seconde. De très brefs signes d'immobilité et de raideur sont presque toujours présents avant qu'un animal n'utilise l'option du conflit. Ainsi si vous êtes en train de manipuler un chien et qu'il s'immobilise et se raidisse, il est recommandé de porter toute votre attention sur les autres éléments de sa posture qui pourraient vous indiquer un état de stress.

3 - La flatterie - Le flirt

Bien sûr nous voyons le flirt comme un comportement sexuel mais le terme est bien choisi pour décrire les expressions corporelles et gestuelles que certains chiens emploient pour apaiser un autre animal lorsqu'ils sont sous pression. Il ne faut pas les confondre avec les expressions de « soumission », attitudes presque toujours mal interprétées.

En état de stress devant  un congénère (ou un humain) menaçant, un chien peut très bien se positionner en posture de jeu, pattes avant plaquées au sol et partie postérieure relevée, ou tourner autour de lui en aboyant comme pour un appel au jeu.

 La flatterie peut se révéler sous différents autres aspects et suggère souvent une attitude un peu folle du chien qui se roule sur le dos, vous apporte ses jouets ou essaie d'obtenir de l'affection. Bien sûr cette attitude est mal interprétée et le chien  qui utilise ce type de stratégie  est  donc la plupart du temps accusé de désobéissance, engendrant alors un cercle vicieux de stress et de réponses au stress.

4 - La Force : le combat

La plupart du temps le combat est utilisé quand l'animal se rend compte qu'il ne peut pas choisir une autre option. Il ne peut pas fuir et la « flatterie » ou le fait de se figer, de s'immobiliser n'ont pas pu écarter la menace. L'agression, dans tous les cas, est d'abord utilisée pour chasser la menace et créer une occasion pour s'échapper. Le combat est la dernière stratégie employée puisque l'animal court le risque de se voir blessé. C'est également l'option la plus éprouvante car elle utilise beaucoup d'énergie !

C'est pour cette raison que les chiens possèdent tout un répertoire de comportements ritualisés et de gestuels auxquels ils font appel pour prévenir l'autre animal qu'ils vont user d'agression s'ils le doivent. Ces rituels sont conçus pour réduire la nécessité de se battre.

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